Cours Comprendre les conséquences du réchauffement climatique et les possibilités d’actions

Introduction

Comprendre les climats passés et ce qui les gouverne nous a beaucoup apporté. Cependant, modéliser l’évolution du climat futur n’est pas simple. Il faut évidemment modéliser les différents paramètres qui régulent le climat ainsi que le couplage atmosphère-océans, sans oublier les effets sur le vivant

Si aujourd’hui la communauté scientifique a trouvé un consensus sur la cause du réchauffement climatique, il reste de nombreuses controverses en ce qui concerne les conséquences et les moyens d’agir pour ralentir le réchauffement climatique. D’ailleurs, un effort majeur est mené par le GIEC pour qu’un modèle dominant émerge et puisse guider un arbitrage des décisions.

Le but de ce chapitre est donc de pouvoir mieux cerner les impacts du réchauffement climatique ainsi que les moyens d’action tant au niveau individuel qu’au niveau collectif. Cela permettra de mieux comprendre les enjeux des prochaines décénnies.

Ce chapitre est connecté à celui de l’enseignement scientifique (Thème1:Science,climatetsociété)

Problèmes : Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique sur notre planète, sur les écosystème et pour l’Homme ? Quelles actions pouvons nous mener à titre individuel ou collectif pour minorer le réchauffement climatique ?

I- Les conséquences du réchauffement climatique

A- Les effets abiotiques du réchauffement climatique 

Définitions : 

Effets abiotiques : effets portant sur les conditions physico-chimique des écosystèmes (température, pluviométrie, acidité des eaux, …) 

Effets biotiques : effets portant directement sur les êtres vivants des écosystèmes (migrations, état sanitaire, extinction, accouplement …)

1- Évolution de la température

Le réchauffement de la température moyenne mondiale de l’air à la surface des terres et à la surface des océans est très net. L’écart par rapport à la moyenne de la période de référence préindustrielle 1850-1900 est faiblement marqué jusqu’au milieu des années 1930 puis devient ensuite, le plus souvent, légèrement positif jusque vers 1980. Depuis le début des années 1980, le réchauffement s’accentue nettement, avec une croissance continue de la moyenne décennale. La décennie 2010-2021 (avec une température supérieure de 0,66 °C à la moyenne 1961-1990) a été plus chaude de presque 0,2 °C que la décennie 2000-2009.

Ainsi, depuis le milieu du XXe siècle, les températures augmentent de près de 0,17°C tous les 10 ans, et les années les plus chaudes du XXIe siècle sont presque systématiquement les dernières années. On estime probable que ce réchauffement planétaire atteindra + 2 °C si la courbe de tendance est stabilisée en 2050, mais il se pourrait aussi que la machine climatique s’emballe, et dans ce cas, nous pourrions atteindre +4°C si on considère un scénario sans réaction de notre part. 

Petit rappel par rapport au chapitre précédent : Une année peut être plus chaude en moyenne que la précédente, juste par un hiver particulièrement doux. Or on parle bien de moyenne annuelle.

Doc.1 : Anomalies de températures de 1880 à 2018

Cependant, des différences locales pourront être forte même si l’augmentation des températures touchant l’ensemble de la planète est plus basse.  L’un des facteurs qui modulera la température locale sera l’humidité.

Doc.2 : simulation de la hausse de température en France en 2050 et 2100

Doc. 2A- modélisation 2021-2050

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Doc. 2B- modélisation 2071-2050

d’après météofrance

2- Évolution des précipitations

L’augmentation thermique de la Terre influe directement sur les précipitations.

Au niveau mondial, le changement climatique se traduit par une modification non uniforme des précipitations terrestres. En effet, les zones subtropicales (hautes latitudes) tendent à s’assécher alors qu’une augmentation des précipitations au niveau des faibles et moyennes latitudes est observée.

Doc.3 : Evolution des précipitations au niveau mondial selon les différents modèles

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D’après https://www.eaufrance.fr

Paradoxalement, en France, les précipitations moyennes sont presque inchangées. Pourtant les variations se font sentir au niveau régional et dans le temps :  

La partie Nord observe une moyenne des précipitations en hausse alors que le sud de la France voit ses précipitations plutôt diminuer. Ce constat est partagé par l’ensemble de l’Europe avec une désertification progressive du bassin méditerranéen qui est amorcée, et des pluviosités plus marquées dans les régions de plus haute latitude, avec des risques d’inondations accrus.

Mais cela diffère aussi dans le temps : l’évolution des précipitations est en hausse progressive lors de la période hivernale et en diminution pour la période estivale.

Enfin, et pour être complet, on note aussi un renforcement des précipitations extrêmes sur une large partie du territoire (mais surtout dans le sud), avec une forte variabilité dans les zones concernées.

Doc.4 : inondations dans la vallée de la Roya – octobre 2020

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D’après le Dauphiné libéré

3- Évolution des phénomènes climatiques violents

Dès 2007, le Giec estimait « probable », sur la base des modélisations, que les ouragans soient à l’avenir plus intenses et plus pluvieux. En cause, le réchauffement de surface des océans.

Les observations réalisées depuis plus de 50 ans montrent cette tendance, avec une intensification du cycle de l’eau ce qui tend à un renforcement des tempêtes. Quand on considère une modélisation, la variabilité représente l’importance des écarts entre certaines valeurs (de température, d’humidité par exemple) et les valeurs moyennes. Or, plus la variabilité est importante, plus il y a des phénomènes hors normes, c’est à dire extrêmes.

Doc.5 : Typhon Haiyan aux Philippines, des vitesses jamais encore atteintes (jusqu’à 315 km/h)

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d’après le JDD

Comme les modèles le prédisaient une augmentation de la variabilité du cycle de l’eau ou de la vitesse des vents, des moments de sécheresse ou d’inondations, il est donc logique de faire le lien entre l’intensification des moments climatiques extrêmes tempétueux (cyclones, ouragans, …) et le réchauffement climatique.

Dans ces phénomènes extrêmes il ne faut pas oublier non plus les vagues de chaleur exceptionnelle. La canicule est définie comme un niveau de très fortes chaleurs le jour et la nuit pendant au moins trois jours consécutifs. La norme actuellement est établie pour des journées supérieures à 30-35°C et des nuits supérieures à 20°C.

4- Évolution du pH

Le pH des océans était stable depuis près de 60 millions d’années. Cependant, depuis les années 1990 jusqu’à aujourd’hui, le pH a diminué de façon inquiétante de 8,18 à 8,08: Une baisse de 0,1 en pH parait peu mais sur l’ensemble des océans, cela est considérable : les océans s’acidifient donc. Cette acidification est variable localement et peut être plus prononcée que 0,1. 

Quel est le mécanisme à l’origine de cette perturbation ?

Comme nous l’avons vu dans le chapitre précédent, si le CO2 atmosphérique augmente, le CO2 se dissout dans l’eau en H2CO3, puis en HCO3– et H+, puis en CO32-  et 2H+. Ainsi, l’acidité des océans augmente en liaison avec les protons libérés.

Doc.6 : Acidification des océans.

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D’après https://i2.wp.com/ocean-climate.org

B- Les conséquences sur les écosystèmes naturels

Les modifications des paramètres abiotiques entraînent des perturbations directes et indirectes des écosystèmes naturels.

1- Conséquences directes

Le réchauffement climatique provoque la restriction des aires de répartitionde nombreuses espèces terrestres, marines et d’eau douce. Actuellement on observe un décalage vers les pôles ainsi que la modification de leurs routes migratoires. 

De plus, la hausse du niveau des mers, associée à une intensification du cycle et de la force des tempêtes pourrait provoquer la submersion fréquente voire définitive d’importantes zones littorales, l’érosion des côtes et la disparition de nombreux écosystèmes littoraux fragiles.

Complément : L’étude des migrations vers des températures moins chaudes 

Hesperia comma d’après d.chapellier.svt.free.fr

Les paramètres de température sont associés à une latitude ou une altitude. Avec le réchauffement, l’isotherme, cette ligne de même température, se déplace vers le nord (dans l’hémisphère nord) ou vers les hauteurs à un certain rythme. Pour trouver 0,5 °C de moyenne en moins, il faut un déplacement de 50 à 60 km vers le nord ou d’un peu moins de 100 m en altitude. Or le déplacement moyen des espèces serait de 17 km par décennie vers les hautes latitudes (soit plus de 20 cm par heure vers le nord dans l’hémisphère nord), et une remontée en altitude de 11 m par décennie ! Parmi les plus rapides, le papillon comma (Hesperia comma) a fait un voyage de 220 km en vingt ans jusqu’à atteindre récemment Édimbourg, en Écosse. D’après : https://www.futura-sciences.com/

Les modifications des écosystèmes naturels ont pour effet :

  • le déplacement des aires de répartition des espèces vers le nord et les hautes altitudes ;
  • la disparition d’espèces (20 à 30 % des espèces végétales et animales sont menacées d’extinction) ;
  • les modifications des cycles de vie : les cycles de vie sont plus précoces dans l’année (comme l’éclosion des bourgeons, la production de pollen, les périodes de reproduction animale).
  • La prolifération de parasites ou l’augmentation de maladies qui peuvent interférer avec les espèces.

Doc.6 : Simulation de la répartition du Hêtre en 2100, comparativement à 2000. 

Doc. 6A : c en 2000 (Aurelhy)

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Doc. 6B : Extrapolation de l’aire de répartition du hêtre en 2100 (Arpège)

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Badeau et al., 2004 : https://hal.inrae.fr

Associés à la modification des habitats (fonte de la banquise, … ) et l’irruption de nouvelles espèces invasives, ces changements pourraient rapidement accentuer la crise d’extinction que nous connaissons actuellement et dont l’Homme est le facteur principal.

Précision  : L’ampleur de la crise d’extinction dépend moins du changement que de sa brutalité : cela ne laisse pas le temps aux espèces de s’adapter (migrer vers de plus hautes latitudes, trouver sa place dans un nouvel écosystème, …). Ces processus nécessitent en effet plusieurs milliers d’années.

2- Conséquences indirectes

L’acidification des océans entraîne la fragilisation des squelettes carbonatés des foraminifères et des coraux. La disparition de ces derniers entraînerait des impacts graves sur les écosystèmes marins à cause de leur place de producteur primaire.

Cet exemple illustre parfaitement la possibilité de réaction en chaine que risque de provoquer la disparition de certaines espèces clés des écosystèmes.

D’autres modifications comme la désertification, les tempêtes, le ralentissement des courants marins, les incendies ou l’introduction d’espèces invasives modifient ou dégradent les écosystèmes.

Par exemple, un peu plus d’un an après les terribles feux qui ont ravagé l’Australie, le bilan concernant l’impact sur la faune sauvage est alarmiste. Plus de 500 espèces d’animaux et de plantes ont disparu ou sont menacées d’extinction.

Complément : La menace des mégafeux 

« Forêts en flammes, animaux carbonisés, personnes réfugiées sur les plages pour fuir les incendies : les images des méga-feux qui dévastent l’Australie sont massivement partagées sur les réseaux sociaux. Elles donnent une dimension concrète à un phénomène jugé flou : le réchauffement climatique. »

D’après France-culture (séries de podcast sur la thématique)

Cela est-il possible en France ?

Les scientifiques se sont appuyés sur des scénarios du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Au total, en 2060, 9,9 millions d’hectares de forêts seraient concernés par les risques d’incendie. Les feux pourraient s’étendre dans le Sud-Ouest, la haute vallée du Rhône, les Pays de la Loire, le Centre-Val de Loire mais aussi la Bretagne. Ils gagneraient également en altitude en menaçant les forêts préalpines.

Historiquement, en France, les incendies restaient cantonnés à la zone méditerranéenne. Désormais,« ils toucheront tous les territoires où la végétation ressemble à celle du Sud, avec des landes, des broussailles ou de la bruyère. Le sous-étage, lorsqu’il est dense et peuplé de fougères, peut s’enflammer comme du kérosène », explique à Reporterre, Rémi Savazzi, le directeur adjoint Défense de la forêt contre les incendies à l’ONF. D’après https://reporterre.net

Doc.7 : Projection des possibilités de mégafeux en France

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d’après https://hal.inrae.fr 2020

C- Les conséquences sur les écosystèmes agricoles

En principe, l’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique devrait améliorer la productivité des plantes. Cependant, la multiplication des évènements climatiques extrêmes (tempêtes, sécheresses, etc.) ainsi que leurs conséquences (inondations, incendies, prolifération des ravageurs tels que les criquets, … ) a eu un impact négatif sur les rendements de la plupart des cultures ces dernières décennies. En plus le débourrage précoce peut générer d’autres conséquences inattendues, la crainte du gel !

Exemple : Printemps 2021 en France, l’amorce précoce du printemps a généré un débourrage des bourgeons et une floraison en avance. Seulement cette période a été suivie d’une période de gel anéantissant la récolte de beaucoup de vergers et ruinant des agriculteurs et viticulteurs. Ce qui est remarquable dans cet événement, c’est son étendue, la France entière a été concernée. Une autre question se pose, est-ce que la monoculture n’est pas également responsable de ce désastre agricole ? 

Ainsi, la productivité des cultures les plus importantes dans le monde (blé, riz, maïs, etc.) pourrait continuer de baisser d’environ 2% par décennie tandis que la population mondiale ne cesse de croître : on estime que les besoins vont augmenter de 14% par décennie d’ici 2050. Il est d’ores et déjà difficile d’y pourvoir, et les maladies liées à la sous-alimentation et aux carences vont se développer dans les années à venir.

D- Les conséquences sur les populations humaines

1- Des problèmes de ressources

Les populations les plus précaires sont particulièrement touchées par le changement climatique en raison du manque de moyens favorisant à la fois l’adaptation et la prévention.

La production agricole sera particulièrement affectée dans les pays à faibles ressources en eau : ainsi, plus de 600 millions de personnes sont menacées de malnutrition d’ici 2080.

Les conséquences de l’ensemble de ces bouleversements climatiques sur les populations humaines les plus démunies devraient donc provoquer l’augmentation des migrations de populations et la multiplication des réfugiés climatiques. Par exemple, la montée des eaux devrait forcer à migrer certaines populations déjà précaire. C’est le cas de grandes étendues du Bangladesh par exemple susceptibles d’être submergées par la transgression marine.

Sachant que cette augmentation des températures est inéluctable ; le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit dans son estimation basse (c’est le scénario dit optimiste), une augmentation minimale de+ 1,5 °C en 2100 par rapport à l’époque préindustrielle. Il faut donc trouver des stratégies pour limiter les impacts du réchauffement climatique et le ralentir, surtout avec des disparités locales qui peuvent être marquées.

L’une des grandes pénuries sera l’accès à l’eau potable.

Complément : Le manque d’eau, première cause de migration

« La ville du Cap, en Afrique du Sud s’inquiète de ne plus pouvoir approvisionner en eau les plus de 3,7 millions d’habitants de son agglomération à partir du 16 août 2018. »

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10 grandes villes menacées

Et le Cap n’est pas seul à craindre une pénurie d’eau. Ainsi, la BBC a révélé une liste de 11 grandes villes dans le monde connaissant également des problèmes d’alimentation en eau. Il s’agit de Londres, Jakarta, Sao Paulo, Pékin, Le Caire, Tokyo, Bangalore, Istanbul, Mexico et Miami. D’autres mégalopoles comme Barcelone, ont déjà connu des problèmes d’alimentation en eau. Ainsi, la ville espagnole a dû s’alimenter par des tankers en 2008. Autre exemple, la ville de Melbourne a, en 2009 et 2010, craint de devoir couper l’eau suite à une sécheresse prolongée qui a durée de 1998 à 2010.

Selon les projections de l’ONU, la demande mondiale d’eau dépassera l’offre de 40% en 2030, ce du fait d’une combinaison de changements climatiques, d’actions humaines et de croissance démographique trop importante. D’après Sciences&Avenir – mai 2018

2- Des problèmes sanitaires

Lors des épisodes de canicule, une élévation forte et durable des températures peut provoquer un stress physiologique notamment chez les personnes âgées et les nourrissons qui ont du mal à gérer l’élévation de température. L’hyperthermie (température corporelle dépassant les 40 °C) provoquée par ces périodes caniculaires plus nombreuses peut provoquer une altération de la conscience et une déshydratation chez les personnes régulant mal (c’est la sudation qui permet d’abaisser la température du corps). La sensation de soif n’étant pas perçue de la même façon, les personnes âgées comme les nourrissons risquent une déshydratation mortelle. En 2003, le nombre de mort incriminé à la canicule serait proche des 20000 personnes.

On peut aussi voir que le démarrage précoce du printemps dans les latitudes moyennes comme en France ainsi que l’extension de la durée de production du pollen par les végétaux est également un problème sanitaire. Or, on observe que le nombre de personnes allergiques et présentant des troubles respiratoires comme l’asthme a triplé en vingt ans en France.

De la même façon, la hausse des températures provoque l’extension des agents infectieux (moustiques, puces, tiques, etc.) responsables de la transmission de maladies telles que la dengue, le paludisme, etc. Le moustique tigre qui est entrain de s’implanter en France métropolitaine, et vecteur de différentes maladies (autrefois qualifiées de tropicales), pourrait déclencher de nouvelles épidémies en France.

Le changement climatique est l’un des facteurs à l’origine de la multiplication des épidémies ainsi que de leur expansion géographique, et de l’aggravation de leur impact. Cela s’explique par un environnement rendu plus propice pour les pathogènes et leur prolifération ainsi que pour les vecteurs de maladies infectieuses (tels les moustiques). A ce contexte, s’ajoutent la globalisation et l’intensification des voyages qui rendent nécessaire la coopération internationale pour la lutte contre les épidémies ainsi que la formation des personnels de santé aux nouveaux risques infectieux.

Un autre risque pourrait émergé assez rapidement, l’émergence d’anciens pathogènes contenus dans le pergélisol des latitudes nordiques et qui est entrain de fondre…

Aussi, il est à noter que l’augmentation d’événements climatiques extrêmes (inondations, tempêtes, etc.) altère la qualité des ressources en eau et favorise la propagation de maladies infectieuses comme le choléra dés que des catastrophes naturelles ont lieu, souillant les eaux potables.

Aide à l‘analyse du document 8 suivant : 

Globalement on peut distinguer deux types d’effets :

  1. les effets directs : malnutrition et sous-alimentation (sans doute le plus important), mortalité et morbidité liés aux événements extrêmes (vagues de chaleur), mortalité et taux de morbidité liés aux maladies infectieuses (transmissions par vecteurs et infections d’origine alimentaire et hydrique).
  1. les effets indirects sur la santé : disponibilité de l’eau, accès à la nourriture, élévation du niveau des mers,….

Doc. 8 : Modélisation des effets sur la santé humaine, liés à la température : augmentations de températures (+1,5°C et +4°C) sur différentes périodes de temps. Les données semi-quantitatives sont exprimées en unités arbitraires.

d’après Smith KR et al. (2014) encyclopédie du climat

II- Les actions à mener pour le climat

A- Réduction des gaz à effets de serre

On peut atténuer le réchauffement climatique en diminuant les concentrations des gaz à effet de serre atmosphériques.

1- Limiter les émissions de GES

L’une des méthodes d’atténuation consiste àlimiter l’émission des gaz à effet de serre (GES) en réduisant l’usage des énergies fossiles : 

  • remplacer les véhicules à moteur thermique par des moteurs électriques (ou autre), 
  • favoriser les transports les moins polluants (ferroutage)
  • favoriser les circuits courts
  • Se contraindre dans ses déplacements (réduire les déplacements à l’étranger)
  • mieux isoler les bâtiments afin de diminuer le chauffage des domiciles, remplacer les chauffages polluants
  • développer les énergies renouvelables pour diminuer l’utilisation des combustibles fossiles.

L’augmentation prévue de la quantité de personnes transportées mais aussi des marchandises au XXIsiècle peut en partie être compensée par une amélioration du rendement énergétique des moteurs et des carburants, mais aussi par des services de proximité et des transports les moins polluants : transport ferroviaire, transports en commun, pistes cyclables, etc. Si ces efforts sont couplés avec un remplacement massif de la flotte de véhicule thermique par de l’électrique, les réductions seront significatives, et les objectifs fixés par la COP 21 atteignables.

Complément : Le secteur maritime doit aussi faire sa révolution énergétique

Le secteur maritime, avec ses 90 000 navires marchands en circulation, transporte plus d’un milliard de tonnes par an, soit 90 % du commerce mondial. Ses émissions de CO2 représentent déjà plus de 3% des émissions mondiales annuelles, soit l’équivalent des émissions totales de l’Allemagne, pays qui est le 6ème émetteur mondial. En 2020, les émissions du fret maritime dépasseront le milliard de tonnes de CO2, soit plus du double que leur niveau de 1990. Et en 2050, elles pourraient atteindre, si aucune mesure de réduction n’est prise, 17 % des émissions globales de CO2 (plus de 2,5 gigatonnes de CO2 par an).

Pour l’instant, différentes pistes sont étudiées :  

  • Baisser la limitation de vitesse
  • Développer des navires électriques automatisés (cellules photovoltaïques)
  • Développer de nouveaux carburants plus propres que ceux actuellement utilisés (par exemple dans la marine de croisière, il est envisagé de développer du gaz naturel liquéfié pour remplacer le fuel lourd
  • Re-développer la marine à voile (ou permettre des économies d’énergie grâce à elle)

2- Capter les gaz à effet de serre et les stocker

Une méthode complémentaire et nécessaire consiste à capter le carbone atmosphérique et à le stocker.

La première méthode consiste à protéger les réservoirs naturels des gaz à effet de serre (forêt, sols) et en créant de nouveaux réservoirs. Ces réservoirs sont appelés puits de carbone.

Les principaux puits de carbone qui permettent d’absorber les GES sont naturels : en réalisant la photosynthèse, les autotrophes situés dans les océans (plancton et zooxanthelles des coraux), les forêts (végétaux) et le sol (humus) stockent le CO2 atmosphérique.

Le puits peuvent aussi être artificiels : c’est le principe du «captage et emprisonnement» du carbone par des dispositifs techniques afin de le stocker sous terre. Le CO2 est capturé puis stocké dans des réservoirs (anciennes nappes de pétrole ou de gaz, aquifères).

B- Les stratégies d’adaptation : Diminuer les impacts et les risques

Les stratégies d’adaptation correspondent aux ajustements permettant d’atténuer les dommages potentiels du changement climatique, de tirer parti des opportunités et faire face aux conséquences. Il s’agit, en dépit des changements climatiques déjà survenus mais également à venir, de maintenir des services écosystémiques assurant la vie des individus dans des conditions satisfaisantes.

Ces ajustements peuvent concerner nos modes d’organisation, la localisation des activités, les techniques que nous employons (techniques d’ingénierie et de constructions résistantes aux cyclones par exemple), mais aussi l’amélioration des politiques environnementales et la sensibilisation du public. Les effets néfastes des risques ne peuvent souvent pas être entièrement évités, mais leur ampleur et leur gravité peuvent être considérablement réduites par différentes stratégies et actions.

Quelques stratégies d’adaptation :

  • Culture de semences à cycle court (entre deux périodes cycloniques), variétés résistantes à la sécheresse (hybride ou OGM), modification des cultures (ex : apparition du sorgho en France)
  • Techniques d’irrigation efficaces, maîtrise de la consommation d’eau, système de récupération de la pluie
  • Lutte contre les îlots de chaleur (végétalisation des villes)
  • Lutte contre l’augmentation du niveau marin (digues, ponts flottants…)
  • Lutte contre des vecteurs de maladies (démoustications…)

C- Des décisions politiques fortes nécessaires

La France a été un des pays précurseurs avec la mise en place d’un plan national d’adaptation au changement climatique en 2011 (et renouvelé pour la période 2018-2022). Elle a signé l’Accord de Paris dans le cadre des Nations Unies en 2015 dont l’objectif est de maintenir le réchauffement climatique sous les 2°C (tout en cherchant à ne pas dépasser les 1,5°C) par rapport aux niveaux préindustriels. 

Complément : Accords de Paris

L’accord de Paris ne définit pas d’objectifs de réduction des émissions pour chaque pays et il n’est pas contraignant pour les entreprises (ce qui limite fortement son efficacité…). Les pays fixent leurs propres objectifs et rapportent périodiquement leurs émissions et les mesures d’atténuation prises jusqu’à ce jour. Les données sont ensuite compilées pour évaluer les progrès accomplis à l’échelle mondiale vers la réalisation des objectifs de l’AccordIl est difficile d’imposer des mesures contre la volonté des gens. Les mesures ne pourront s’appliquer que si elles sont accompagnées par une modification volontaire et globale des comportements, grâce notamment à l’éducation et à la prévention.

Pour contribuer à atteindre les objectifs de cet accord, une réduction de 40 à 60% des émissions mondiales de CO2 est nécessaire au cours de la décennie à venir ! Il s’agit d’un défi de taille et tous les niveaux de la société (gouvernements, entreprises, organisations locales et citoyens) ont un rôle à jouer dans la réduction de ces émissions. Les solutions sont collectives et individuelles !Ce n’est pas en replantant quelques hectares de forêt qu’il sera possible d’absorber tout le CO2 rejeté par l’humanité ! C’est un véritable changement de fonctionnement qu’il faut opérer et il est difficile d’imposer des mesures contre la volonté des gens. Les mesures ne pourront s’appliquer que si elles sont accompagnées par une modification volontaire et globale des comportements personnels, grâce notamment à l’éducation et à la prévention. 

Au niveau individuel chacun peut calculer sa propre empreinte carbone, la partager puis planifier et prendre des mesures afin de réduire les différentes émissions qui y contribuent. Comme pour les pays au sein de l’Accord de Paris, chacun peut décider de ses actions en fonction de son contexte et de ses moyens.

Au niveau collectif, une transition efficace nécessite également que l’ensemble des décisions et actions politiques soient prises dans une même perspective d’atténuation, de réduction des risques et de développement durable. Comme le réchauffement climatique ne connait pas de frontière, il requiert une réponse internationale avec une mise en commun des savoir-faire, une mutualisation des efforts, et l’adoption de politiques communes efficaces et contraignantes. 

En plus, comme il existe une certaine inertie entre la décision de modification et les réels effets sur le climat, ces derniers ne commenceront à se faire ressentir que dans quelques décennies. Les choix de stratégies d’atténuation et d’adaptation qui seront faits dans les prochaines années auront donc un impact majeur pendant toute la durée du XXI’ siècle. Il est donc important de faire les bons choix.

La controverse s’est donc déplacée : 

Les faits scientifiques prouvant le réchauffement climatique et sa cause font en effet consensus. La question est aujourd’hui de se mettre d’accord pour opter pour des solutions qui permettront d’être efficace dans quelques décennies.

Conclusion : 

Les conséquences du réchauffement climatique se font sentir de plus en plus et on en découvre des nouvelles chaque année. Si l’ensemble de la communauté scientifique est d’accord sur les causes anthropiques du réchauffement climatique, il lui reste à se mettre d’accord sur les moyens d’action et surtout sur l’amplitude de ces actions. Cela passera par des mesures fortes et un consensus international dont les pays les plus industrialisés doivent montrer l’exemple. C’est dans cette optique que chaque année a lieu une COP sur les changements climatiques (COP = Conférence des Parties). La bonne nouvelle de 2021 est que les Etats Unis reprennent part aux débats et semblent même vouloir amplifier la dynamique…