Construire sa réponse

A- Amorcer un plan pour une réponse cohérente 

1- Je propose un premier plan d’intervention en me posant les questions : qu’est-ce que je veux démontrer, expliquer ? Quels sont les premiers arguments que j’ai trouvés ?

 

2- Pour ordonner ma réponse, je peux m’aider de la méthode Qui, Quoi, Combien, Où, Quand, Comment, Pourquoi ?

Qui ? -> Acteurs (groupes, individus, société, institution, professionnels, organisme…)

Quoi ? ->  Faits, événements, actualités…

Combien ? ->  Rejoint qui : combien d’individus sont concernés, d’espèces… ?

Où ? ->  Rejoint qui : combien d’individus sont concernés, d’espèces… ?

Quand ? ->  Date, période, fréquence, différentes échelles de temps : vie d’un individu, d’une espèce, par rapport à l’évolution, par rapport aux temps géologiques…

Comment ? ->  Déroulement de l’action, circonstances, explication d’un mécanisme déclencheur, d’un phénomène naturel, d’un fait à la lumière de connaissances et d’arguments… ?

Pourquoi ? -> Paramètres déclencheurs

3- Je me mets à la place d’une personne qui ne comprend pas ou qui n’est pas d’accord : quels nouveaux arguments seraient meilleurs ou plus convaincants ?

 

4- J’affine mon sujet et je relance un nouveau cycle de recherches => j’essaye d’être de plus en plus précis dans mes réponses, je complète ce pourquoi je n’avais pas encore de réponse, je développe mes arguments !

B- Construire une carte mentale

Elaborez un plan ou une carte mentale qui montre toutes les relations entre les idées-clés…

Commencez à élaborer une fiche de cours résumant toutes les notions dont vous aurez besoin en la complétant par vos recherches et vos questionnements personnels.

 Puis réalisez votre carte mentale

Attention votre carte mentale peut être différente et elle doit être personnalisée,  l’exemple ci-dessous n’est … qu’un exemple !

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Faire une carte mentale la plus adaptée à sa question (page suivante)

C- Surtout… Argumenter  ! 

Elaborez des arguments et utilisez des données pour étayer un propos. C’est fondamental !

Vous ne devez pas vous contenter d’énoncer des idées considérées comme vraies (que vous soyez scientifiques ou non). Vous devez justifier ce que vous énoncez et cela se prépare. Un  argument sert à appuyer un propos, ou à réfuter quelque chose de non-fondé ou de faux. Quels types d’argumentation pouvez vous utiliser ?

Les différents types d’argumentation : les plus utilisées en Sciences sont marquées d’un 

  • Syllogisme : trois propositions dont deux prémisses et une conclusion. Exemple de connecteur = or, donc (tiens, ça ne vous rappelle rien ?). Ex : 1- « Tous les hommes sont mortels, or Darwin est un homme ; donc Darwin est mortel ». 2- La bactérie possède une membrane, un cytoplasme, de l’ADN et un métabolisme la rendant autonome. La cellule est la plus petite unité structurale et fonctionnelle du vivant. La bactérie est donc une cellule. 
  • Relation causale : lien logique entre cause et conséquence. Le but est d’établir un lien logique pour justifier cette causalité. Exemple de connecteur = Parce que, car, par conséquent, c’est pourquoi, puisque. Ex : « Toutes les souris sont grises parce que leurs parents et grands parents étaient gris, c’est pour cela qu’on peut parler de souche pure».
  • Argumentation par le résultat, argumentation scientifique : on part de résultats obtenus pour  arriver à la cause. Mais le but est toujours d’établir un lien logique entre les deux. C’est ce qu’on utilise beaucoup en démarche expérimentale : Exemple de connecteurs = je vois que, or je sais que, donc je conclus que… Notez que le témoin est toujours important. Et on est très près du syllogisme, mais la différence est que le déclencheur est un résultat. Le résultat peut-être une courbe… elle peut-être intéressante à mettre dans votre brouillon pour vous appuyer dessus dans votre grand oral.
  • Argumentation circonstanciel : force contraignante du contexte qui empêche un événement. Connecteurs causaux. Ex : on n’observe pas de basalte à Blois, puisqu’il n’y a pas de zone volcanique dans cette région, et il n’y en a jamais eu.
  • Argumentation indicielle : à la façon d’un détective, on s’appuie sur une série d’indices pour  déduire une proposition, attention, cela peut rejoindre la démarche scientifique. On l’appelle aussi méthode hypothético-déductive. Les connecteurs par le résultat sont possibles. mais cela permet surtout de renforcer ou souligner une hypothèse comme plausible. Ex : On note qu’il n’y a pas de chloroplaste chez l’Euglène de type A alors que la souche sauvage en possède. On peut supposer que l’euglène de type A a subi une ou plusieurs mutations de ses gènes responsables de la mise en place des chloroplastes. 
  • Argumentation par l’analogie : on se réfère à un cas similaire pour justifier une proposition. Connecteurs de comparaison, l’exemple typique en SVT est le principe d’actualisme, mais pas uniquement, on se réfère aussi à la modélisation. Ex : Si on trouve des pollens d’une flore adaptée à des zones de steppes, c’est que le climat était froid, par analogie à la répartition des végétaux actuels.
  • Argumentation par induction : on déduit une loi de l’observation répétée de phénomènes (on  s’appuie sur l’expérience pour arriver à la théorie, cela rejoint encore la démarche expérimentale ou scientifique). Connecteurs causaux, par le résultat, c’est la répétition d’expériences ou d’observations Ex : la floraison de ce végétal s’effectue toujours à la même période de l’année, quelles que soient les températures. On peut donc déduire que le facteur principal de floraison est la durée du jour pour cette espèce et non la température. 
  • Argumentation par déduction : on part de la loi, du général, pour expliquer un cas particulier. On part de la théorie pour arriver à un cas donné. C’est l’inverse de l’induction… Connecteurs causaux connecteurs par le résultat. Ex : la mitochondrie permet la respiration cellulaire. Or la souche de levure P1K n’en possède pas. Elle ne produit donc pas son énergie par ce métabolisme.

D’autres stratégies peuvent être mobilisées pour réfuter un élément. 

  • L’argument d’absence : que se passe-t-il sans la cause ? Que se passe-t-il en absence de réaction? Cette argumentation est l’une des plus utilisée en médecine : On vérifie par élimination de causalité : Ex : Si ses tests sont négatifs, les symptômes ne sont pas dus à telle maladie, on peut alors se focaliser sur telle autre maladie…  Connecteur : et si…, alors, puisque … alors Autre ex : Puisqu’il n’y a pas de réaction de la blatte lors d’un stimulus visuel, alors le stimulus déclencheur n’est pas perçu par les yeux. 
  • L’argument de corrélation : y-a-t-il un lien proportionnel entre la cause et l’effet ? Connecteur : par corrélation Ex : Il existe des feuilles à bord lisse ou à bord découpé. Le paléobotaniste J. A Wolfe a constaté dans les forêts actuelles d’Asie, qu’il existait une corrélation étroite entre la forme des feuilles et la température moyenne. Cette corrélation est montrée sur la courbe.
  • L’argument d’alternative : existe-t-il d’autres causes qui produisent les mêmes effets ? Ex : Les UV sont responsables des mutations des mélanocytes. Mais ce n’est pas la seule source de mutation des cellules, car la source la plus fréquente reste les erreurs de mitose.

Travail inspiré des « principaux arguments » en Sciences politiques réadaptés aux SVT 

D- Organiser sa réponse 

Vos idées, vos recherches, vos arguments doivent être intégralement développés dans une première phase. Après cette première phase il faudra raccourcir pour être dans le respect du chronomètre, ce qui viendra dans la   phase d’entraînement. Les temps ne sont donc qu’indicatifs. 

1- Introduction

Elle énonce votre question et en explique le choix, l’intérêt que vous lui portez. Elle doit d’emblée accrocher le jury…

Attirez la curiosité du jury en donnant un exemple, une actualité, un résultat surprenant, des statistiques surprenantes, une implication personnelle dans le sujet… 

2- Développement

Il répond à votre question et permet d’expliquer, d’argumenter et d’illustrer.

Votre développement est bien ciblé sur la réponse à la question et permet en 2 ou 3 parties (pas plus !) de bien répondre à l’ensemble de la question. Vos propos sont étayés d’arguments, de données issues de sources fiables, d’exemples concrets, d’explications pouvant s’appuyer sur un graphe ou un schéma sur votre support  

2- Conclusion

Elle doit être percutante et reprendre votre réponse de façon courte. Elle donne aussi votre avis et éventuellement la couleur de votre orientation (envie de métier ou de formation).

Cette conclusion sera la dernière impression laissée par votre présentation avant les questions posées par le jury. Elle doit être claire, convaincue et elle doit montrer votre implication dans le sujet. Elle permet aussi de lier votre réponse à l’actualité, ou à votre projet d’orientation, voire à votre passion et donc vous permet de donner votre opinion.

Rédigez votre texte intégralement pour en évaluer la longueur.

E- Tendre des perches au jury pour la phase d’interaction 

1- Appuyez vous sur votre support

Un argument peut être appuyé par un graphe, un schéma… Vous ne pourrez pas le dessiner au tableau, mais vous avez un support brouillon que vous devez organiser. Ce support est aussi une perche tendue au jury pour poser d’éventuelles questions après… Mais ce peut aussi être un argument écrit que vous ne développez pas, ou un mécanisme schématisé…

Comment organiser son brouillon ?

Comme cela vous semble le plus logique ! Cela peut-être sous forme de carte mentale, ou sous forme de colonnes organisées ou autre … Mais, cela doit être logique et avec des éléments variés qui permettront de susciter des questions. 

N’OUBLIEZ PAS QUE CELA PEUT ÊTRE un support INTERESSANT aussi pour votre oral, que vous utilisez comme appui (courbes, schéma d’explication d’un mécanisme, expérience historique…)

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2- Des pistes que le jury sera tenté de creuser : 

Si vous avancez un argument, sans le développer, ou si vous évoquez certaines pistes sans les  exploiter, cela peut ouvrir une question pour la phase d’interaction. Mais attention, cet artifice n’est pas à manier n’importe comment. Il ne faut pas que le jury pense à un oubli ou une lacune de votre part. Vous devez donc le citer soit en disant que vous n’approfondissez pas dans le cadre des 5 minutes, ou alors juste en le citant naturellement sans en approfondir les détails… Dans ce cas, le jury sait que vous n’avez rien oublié, mais ne manquera pas d’aller vérifier que vous maîtrisez cet aspect mis de côté volontairement. Il jaugera si c’est une lacune ou non…

Conclure sur votre projet d’orientation est une belle perche tendue aussi, qui vous fera rentrer dans un terrain que vous avez travaillé, par le biais de vos recherches, mais aussi par le biais de Parcours sup. Cela peut être aussi sur un engagement personnel dans votre vie, ou sur une opinion forte sociétale (mais attention aux prises de position hâtive, il faut toujours rester pondéré et respectueux des idées des autres, même si vous n’y adhérez pas !).